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Chief editor’s words : Raf Scheers (Eos)

La liberté de créer un magazine chaque mois à partir de rien. C’est sans aucun doute l’aspect le plus excitant de mon travail. Naturellement, il s’agit de respecter certains impératifs : certains thèmes doivent être déterminés à l’avance et bien sûr, il y a un certain nombre de rubriques fixes et des pages d’actualité. Mais cela signifie qu’il reste encore chaque fois la moitié du magazine à remplir en partant de zéro.

En fait, j’apprécie chaque aspect du processus d’élaboration d’un magazine. Cependant, je continue à éprouver des difficultés devant une tâche et c’est celle du choix d’une couverture appropriée. Chaque mois, cela reste un choix délicat. La couverture est votre enseigne ; c’est elle qui vous fera remarquer dans les rayons. Voici un peu plus de dix ans, nous avons fait d’Eos, qui était jusqu’alors quasiment un magazine professionnel, un magazine plus centré sur la société ; avec les deux pieds bien ancrés dans le sol.

Cela impliquait aussi un autre type de couvertures. Pendant longtemps, n’ont figuré sur celles-ci que des personnes, mais finalement ce n’était plus tenable. Nous devions recourir à des photos de banques d’images et celles-ci sont souvent très clichés et « américaines ».

Depuis quelques années, nous effectuons un choix: soit nous utilisons un bon portrait d’une personne, soit nous choisissons un concept, pour lequel nous développons une image. Cette deuxième option reste cependant un exercice difficile, à moins de mettre en image des éléments techniques, comme une structure ADN. Mais cela ne correspond plus totalement à notre concept élargi.

Je trouve peu d’inspiration à l’étranger également. Nos confrères américains et britanniques utilisent des images à caractère scientifique. Le fait qu’ils disposent de plus de moyens, n’implique donc pas automatiquement qu’ils font de meilleures couvertures. Même si j’admets volontiers que les images de stock ont vraiment leurs limites.

Bref, concevoir la bonne couverture est un exercice difficile chez Eos. Nous impliquons également le département Lay-out et la direction : nous étudions les propositions et donnons nos arguments. Au plus nous sommes nombreux, au plus il y a d’opinions, effectivement, mais nous travaillons ensemble depuis si longtemps que nous avons un objectif commun.

Les titres de couverture constituent également l’un des éléments de la discussion. Sinon, on en arrive souvent à des headlines négatifs. Il est très difficile de faire apparaître dans un titre les nuances qui se trouvent au sein du magazine.

Nous avons longtemps eu l’habitude de faire de l’élaboration de la couverture la tâche effectuée en dernier lieu. Aujourd’hui, nous essayons d’être d’accord sur le concept au minimum plus d’une semaine avant la clôture. Cela n’a d’ailleurs aucun sens de laisser traîner cela aussi longtemps. Au plus tôt vous y prenez, au plus vous avez de chances de choisir la bonne.

Ce que je me demande, c’est si, dans cette époque digitale, l’importance d’une couverture augmentera ou diminuera. Je suppose qu’à l’avenir les gens choisiront les magazines davantage en fonction de leur contenu. Vous devez donc faire en sorte que l’on vous trouve en ligne et cela ne se fait pas grâce à une couverture, mais bien grâce à la qualité des articles qui apparaissent lors d’une recherche sur Google.

Raf Scheers, rédacteur-en-chef Eos

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