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Diffuser votre magazine numérique avant la version print : une bonne idée ?

Comment le print et le digital se rapportent-ils entre eux ? C’est là une question qui occupe bon nombre d’éditeurs et à laquelle tant Roularta que Sanoma apportent une réponse intéressante. En effet, tant Humo que les titres Roularta hebdomadaires proposent déjà leur magazine avant même que celui-ci ne soit disponible en version papier. De quels atouts les éditeurs et les abonnés bénéficient-ils ainsi ? Et puis, ces éditions digitales sont-elles beaucoup lues avant que le magazine n’arrive en librairie ? Nous l’avons demandé aux deux enseignes média.--break-

 » Il est encore trop tôt pour procéder à une évaluation du Humo numérique « , entame Chantal Janssens, éditrice du titre.  » Il faut dire que l’initiative est particulièrement récente. Ce n’est que depuis le 24 janvier que nous proposons le magazine sous forme digitale, et ce le samedi, là où la version imprimée sort le mardi suivant. à‡a ne fait donc toujours que trois Humo et nous sommes en pleine mise en place des abonnements d’essai. La question-clé, bien sûr, est de savoir comment ceux-ci se convertiront en abonnés à part entière, payants et à long terme. « 

La démarche de Humo est en tout cas remarquable. Le magazine se sert de plates-formes numériques pour avancer le moment de parution.  » C’était vraiment trop bête de priver le consommateur pendant encore trois jours d’un magazine qui est déjà prêt « , explique Chantal Janssens.  » Nous procédons en outre de la sorte parce que nous souhaitons offrir des avantages à nos abonnés (aussi ceux qui ont un abonnement en magasin). Nous savons qu’ils apprécient le fait de pouvoir lire leur Humo (quel que soit le ‘device’, hormis le papier) au moment qui leur convient le plus, soit… le week-end.  »

Du côté de Roularta, il y a bien moins de différence entre les dates de ‘lancement’ des versions digitale et papier. Philippe Belpaire, General Manager de Roularta Media :  » Nos magazines sont disponibles en version numérique la veille du jour de parution à 21 heures, à titre de service envers l’abonné. Nous ne pouvons pas faire plus vite parce que la période entre la clôture d’un numéro par la rédaction et l’impression et la diffusion est minimale, afin de coller au plus près à l’actualité.  »

Du fait de ce court intervalle, les titres Roularta n’enregistrent la plupart des lecteurs numériques que le jour de parution même.  » Selon le titre, il s’agit de 25 à 28 % du nombre d’utilisateurs sur une base hebdomadaire « , révèle Belpaire.  » La veille de la parution et le lendemain, nous enregistrons à peu près le même niveau : quelque 17 %.  » En d’autres termes, on se sert du service pour déjà pouvoir lire en digital la veille de la parution du print. Cependant, les chiffres n’explosent pas vraiment.

Chez Humo, la situation est fort différente – du moins, après trois numéros –. Chantal Janssens ne peut pas nous donner de chiffres absolus, mais elle a quelques résultats frappants à nous annoncer :  » Nous remarquons que depuis que l’initiative a été lancée, le nombre de téléchargements (du Humo optimisé pour tablette) a doublé. En outre, 60 % des téléchargements – et de la lecture – par édition a lieu pendant le week-end précédant la parution papier le mardi.  »

Comme il a été dit précédemment, il est encore trop tôt pour tirer de grandes conclusions, mais il est clair que cette technique offre un tas de possibilités aux magazines qui partent chez l’imprimeur avant ou durant le week-end. Même si, bien sûr, beaucoup dépend de la nature du titre en question. 

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