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Sylvie Irzi :  » Opposer les médias traditionnels aux nouveaux médias ? Sérieusement ? « 

‘What is the Truth about Media?’ Dans le genre ‘titre controversé’, ça peut compter. C’est aussi le thème sur lequel se penche Mediabrands, à l’occasion du BAM Marketing Congress. Nous avons demandé à Sylvi Irzi, la COO, de nous fournir quelques explications.

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Selon vous, il n’est pas correct d’opposer les médias traditionnels et nouveaux. Pourquoi ?

 » Sérieusement ? Ça se trouve sur un des premiers slides. Internet existe déjà depuis vingt ans. Difficile de parler de ‘nouveau’, non ? En outre, il importe peu – en soi – quel média on exploite. Il s’agit du parcours qu’effectue le consommateur, l’entonnoir de vente qu’il traverse…

Il est toutefois exact que des acteurs mondiaux comme Google et Facebook s’adjugent quelque 70 à 80 % des investissements numériques. Sur ce plan, beaucoup de choses changeront encore dans les années à venir. Si Amazon se concentre sur le retail physique et qu’Apple se lance dans la reconnaissance vocale… quelle sera la prochaine démarche ?

Pour prouver que nous ne pouvons pas opposer médias traditionnels et nouveaux médias, je tiens d’ailleurs à relever que les parties  » traditionnelles  » aussi s’affairent côté investissements. Il suffit d’évoquer la convergence de Medialaan et de Persgroep, ou la plateforme programmatique mise sur pied par les éditeurs.

Quelle force les médias  » classiques  » possèdent-ils encore ?

Leur pertinence est on ne peut plus claire. Ils font partie de notre écosystème national et veillent chaque jour à ce que le Belge soit fourni en information et divertissements.

Il y a toutefois deux choses auxquelles nos groupes média doivent faire attention. Primo, ils doivent se poser la question de savoir qui choisir pour leurs investissements technologiques. Est-ce une bonne idée d’opter pour une technologie appartenant à un concurrent comme Google ? Secundo, il y a la question de savoir comment ils continueront à extraire des revenus de leur contenu. C’est crucial. Ils se doivent en effet d’investir dans un journalisme de qualité. L’élection de Trump a démontré à quel point leur rôle au sein de la démocratie est essentiel. Par ailleurs, ils doivent également investir dans des contenus locaux. Quand je vois que Netflix s’associe à Gérard Depardieu pour produire du contenu français, je me dis qu’il y a danger.

Avez-vous encore des tuyaux à donner concernant la commercialisation des médias ?

Dans la présentation, nous dissipons une série de mythes. Celui de la fin du spot de 30”, par exemple, ou l’idée que les moteurs de recherche seraient les seuls inventaires qui subsistent. La technologie nous a beaucoup aidé à progresser, mais elle nous a aussi causé beaucoup d’ennuis. Nous sommes encore loin de pouvoir tout suivre à la trace, nous ne savons pas encore comment gérer le Dark Web… D’un autre côté, on constate que les acteurs locaux poursuivent leur chemin : Delhaize lance une propre régie, le print mise davantage sur les contenus payants, ouvrant ainsi des possibilités publicitaires…  Bien sûr, leur gestion des risques est différente : ils n’ont aucun intérêt à tout bouleverser de façon radicale. Parfois, ça a toutefois ses avantages.

Sylvie Irzi, COO Mediabrands Sylvie Irzi, COO Mediabrands

P.S. L’équipe de Magazine Media souhaite un prompt rétablissement à Sylvie !

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