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David Renoux - Top Sante

Art Director’s Words : David Renoux (Top Santé)

Il est difficile de surestimer le rôle de l’Art Director dans la création d’un magazine. L’AD se charge en effet du look ‘n’ feel de votre titre favori. Magazinemedia.be interroge quelques-uns des meilleurs Art Directors du pays pour connaître leurs points de vue et se faire recommander des exemples. Cette fois, nous jetons notre dévolu sur David Renoux, AD de Top Santé.

Quelle page, rubrique ou couverture magazine est la plus belle jamais réalisée ?
Une double page parue dans le magazine de musique RAY GUN. Un article sur Bryan Ferry y a été imprimé en police Carta. C’était un article entier en symboles ! Il était  » traduit  » à l’arrière du magazine. L’AD, David Carson, trouvait l’interview sans intérêt et son culot m’avait surpris.

Sinon, il y a aussi la couverture de Society sur les attentats du 13 novembre en France : une couverture sur fond noir avec un dialogue en SMS. Et bien d’autres encore…

TOPSANTE_301_BELGIQUEQuelle est votre formule de mise en page secrète ?
Il n’a a pas de formule secrète. Par contre, il existe des principes en fonction de la cible et de la famille de presse. Je construis toujours une page en regardant les axes des images, le gris typo et le rapport texte/image.

Les codes graphiques évoluent plus vite avec l’arrivée des blogs, surtout dans les domaines de la mode et de la déco.

Les espaces blancs :  » jamais assez  » ou  » il y a des limites «  ?
Jamais assez.  Les espaces blancs sont des espaces qui créent des limites. Ce sont des espaces vides, mais primordiaux. Ce sont eux que l’on trouve entre les mots, les gouttières, les colonnes et entre les photos et le texte. Donc toujours plus de blanc, pour que le message soit le plus clair possible. Comme l’a dit Bonnard, le peintre :  » Le voisinage du blanc rend lumineuses les taches très colorées.  »

 » La direction artistique pour le digital ne diffère en rien de celle du print  » : d’accord ou pas d’accord ?
Pas d’accord. La lecture est différente. Le graphisme doit s’adapter au sens de lecture, à la rapidité du ‘picking’, au défilement, aux formats responsifs, aux colonages, aux couleurs…

 » Une mise en page doit être uniforme dans tout le magazine  » : d’accord ou pas d’accord ?
Pas d’accord. Il faut créer du rythme et des surprises. Un magazine est conçu pour que le lecteur passe un moment agréable.

David Carson, l’AD de Ray Gun et autres, appliquait deux règles : des choix audacieux de typos et l’utilisation de blancs à outrance. Une charte graphique impose un style, une âme et un état d’esprit.

Quelle est à vos yeux l’évolution graphique la plus importante de ces dix dernières années ?
L’arrivée d’Internet a changé la donne. Sur le sens de lecture et la façon d’écrire. Le graphisme est partout : sur les applis de nos téléphones, nos voitures…

Quelle sera l’évolution la plus importante dans les dix années à venir ?
Le magazine qui évolue devant vous en fonction de l’actu. Comme dans Harry Potter !

David Renoux - Top Sante

David Renoux,

Art Director Top Santé

 

 

 

 

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Kristof Caluwaert, Flair

Art Director’s Words : Kristof Caluwaerts (Flair)

FlairFR01092015Les Art Directors sont les architectes d’un magazine. Ce sont eux qui déterminent où viennent les images et où viennent les mots, eux qui définissent le look ‘n’ feel, eux qui décident du ressenti que véhicule un magazine.

Régulièrement, Magazinemedia.be donne dès lors volontiers la parole à un AD. Cette semaine, c’est au tour de Kristof Caluwaerts, Art Director chez Flair.

‘Une mise en page doit être uniforme dans tout le magazine’ : d’accord ou pas d’accord ?
Elle doit former un ensemble, dans lequel tous les éléments s’accordent. Les lecteurs doivent ressentir une certaine familiarité, une sorte de sérénité pendant la lecture. Tout en respectant ces grandes lignes, il faut évidemment laisser suffisamment de place à la créativité. C’est précisément en créant la surprise au bon endroit et de la bonne manière que l’attention du lecteur est attirée sur ce qu’on cherche à faire ressortir. Bien sûr, cela varie de magazine en magazine. Un titre jeune et dans le vent comme Flair peut plus se permettre une certaine légèreté ludique que des magazines plutôt classiques et plus conservateurs, à l’image de leur public, tels que Dag Allemaal ou Story.

Quelle est la différence majeure au niveau du lay-out entre un titre grand public et un magazine de niche ?
Le public d’un magazine de niche est plus circonscrit et on connaît donc mieux ses aspirations et ses attentes. Par conséquent, on peut mieux cibler le texte et l’image, de façon plus pointue. Quand on travaille pour un titre grand public, on doit plus souvent chercher le juste milieu, un caractère moins prononcé contenant un minimum d’éléments perturbateurs.

Comment la démarche cross-média influence-t-elle votre façon de travailler ?
Cela demande plus de réflexion dans plusieurs directions. Sur quel support vaut-il mieux faire passer ce message, et si on le transmet sur différents supports, comment le faire de la façon la plus efficace ?

Quelle est votre formule de mise en page secrète ?
Offrir suffisamment de liberté et de confiance aux stylistes pour tenter de toujours rester dans les sentiers battus tout en trouvant un moyen de les quitter un peu.

Quel est, pour Flair, le rapport idéal entre le texte et l’image dans une double page ?
Une bonne image raconte d’emblée toute l’histoire. Les gens sont d’abord accrochés par une image forte, éventuellement avec un titre fort. Un texte a beau être impressionnant à souhait, si personne ne se lance dans sa lecture parce qu’il a été coulé dans un monolithe impénétrable, peu de gens le liront.

Les espaces blancs : ‘jamais assez’ ou ‘il y a des limites’ ?
Il faut de l’équilibre, et tout dépend cette fois encore du titre. Une double page doit surtout inviter à la lecture. Une bonne combinaison du texte et de l’image ainsi que l’idée que tout est accessible avec suffisamment d’entrées et d’accroches – citations, intertitres, questions, mises en relief, légendes…  – font que les gens se mettent à lire, ce qui est bien sûr la première étape.

Quel est en ce moment votre magazine favori ?
Au niveau international, je trouve que GQ est un beau magazine, très captivant. Linda est fichtrement bien fait et contient de magnifiques photos. Dans le marché-niche absolu, Bahamontes est extrêmement bien ficelé.

Quelle page, rubrique ou couverture magazine est la plus belle jamais réalisée ?
Rien que pour la controverse et le débat qu’il suscite : Charlie Hebdo.

Quel est votre regard sur les annonces print ? Forment-elles la base pour d’autres expressions publicitaires ?
Une bonne campagne renferme un choix bien réfléchi de canaux qui se complètent et se renforcent. Parfois, le print jouera un rôle clé dans ce mix, parfois les médias sociaux seront bien plus intéressants.

Kristof Caluwaerts, Art Director Flair

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Tim Oeyen, Humo
Koen Roskams, Plus Magazine
Lena Brnic, Ciné Télé Revue
Els Van Hauwaert,  Libelle et Femmes d’Aujourd’hui
Marco Goole, Eos

Tim Oeyen, AD Humo

Art Director’s Words : Tim Oeyen (Humo)

Le ‘look’ d’un magazine, ce qui saute aux yeux, son ressenti… Tout cela révèle en grande partie la patte de l’art director. Dans les semaines à venir, nous en cuisinerons régulièrement un sur magazinemedia.be pour sonder son inspiration et ses points de vue. Cette fois, c’est au tour de : Tim Oeyen, AD chez Humo.

‘Une mise en page doit être uniforme dans tout le magazine’ : d’accord ou pas d’accord ?
Uniforme est quelque peu rigide et s’apparente à mono-forme. A mes yeux, il est plus intéressant que dans les grandes lignes tout soit assorti, mais aussi adaptable. Que tout appartienne à une même famille, mais alors avec une identité spécifique.

Quelle est la différence majeure au niveau du lay-out entre un titre grand public et un magazine de niche ?
Dans un magazine de niche, on peut postposer la compréhension de l’image et du texte. On lit un tel titre à un rythme adapté, plus lent. Dès lors, c’est aussi ça le défi que doit relever un magazine grand public : dans un premier temps, séduire le spectateur/lecteur, pour ensuite quand même prévoir plusieurs couches derrière qu’on ne saisit que plus tard.

Comment la démarche cross-média influence-t-elle votre façon de travailler ?
Cela demande un planning encore plus rigoureux et entraîne une perte de flexibilité. Il existe par exemple de nombreux formats fixes qu’il conviendrait de respecter. Etre créatif à l’intérieur de ce cadre et repousser les frontières, voilà le défi.

Lucio Fontana

Kuntwerk/L’art de Lucio Fontana

Quelle est votre formule de mise en page secrète ?
Des systèmes de colonnes impairs et invisibles qui de toute manière créent des espaces blancs dans une page.

Quel est, pour le titre pour lequel vous travaillez, le rapport idéal entre le texte et l’image dans une double page ?
Pour moi, le texte c’est aussi de l’image… Humo est avant tout un magazine à lire. Il va de soi que le texte prend le dessus. De ce fait, une image forte gagne toutefois encore en importance.

Les espaces blancs : ‘jamais assez’ ou ‘il y a des limites’ ?
Pas de limites, même si l’entaille de Lucio Fontana constitue l’intervention ultime dans un espace blanc.

Quel est en ce moment votre magazine favori ?
Il existe une différence entre les magazines de niche qui souvent me plaisent beaucoup et les titres dits mainstream. Ils ont chacun des règles du jeu bien spécifiques. Pour le mainstream, j’apprécie beaucoup le New York Magazine, Esquire (US) et Vanity Fair.

Quelle page, rubrique ou couverture magazine est la plus belle jamais réalisée ?
La couverture de George Lois avec Andy Warhol dans une boîte de tomates. Partir d’une esquisse de Lois, faire un shooting avec Warhol, créer un collage… et c’est dans la boîte.

Quel est votre regard sur les annonces print ? Forment-elles la base pour d’autres expressions publicitaires ?
Il vaut mieux ne pas uniquement partir des annonces print. Chaque mode publicitaire, chaque média nécessite une approche dédiée. L’idéal, c’est quand tout raconte une même histoire englobante.

Tim Oeyen, Art Director, Humo

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Lena Brnic, Art Director Ciné-Télé-Revue

Koen Roskams, Art Director Plus Magazine

Els Van Hauwaert, Senior Art Director Femmes d’Aujourd’hui/Libelle

Marco Goole, Graphic Designer Eos

Art Director’s Words : Els Van Hauwaert

Les Art Directors constituent un chaînon indispensable – mais souvent sous-estimé –  dans la création d’un magazine. Chez Magazinemedia.be, nous avons estimé qu’il était temps de rendre à César ce qui est à César. Cette semaine, la parole est donc à Els Van Hauwaert, Senior Art Director chez Libelle et Femmes d’Aujourd’hui.

elsQuel est votre magazine favori ?

Il y a tellement de titres chouettes et sympas, destinés à chaque fois à un public propre, que j’ai beaucoup de mal à choisir. Je suis par exemple fan de The Simple Things. Nombreux sont ceux qui souhaitent ‘décélérer’ et ce magazine anglais – qui existe en print et sur iPad – les accompagne dans cette voie.  Tant la photographie que les articles sont particulièrement inspirants. Dans un registre totalement différent, il y a Nido, pour les parents avec enfants. Le titre a un look ‘n’ feel dépouillé et un contenu de qualité. Je n’ai pas d’enfants, mais je me sens attirée par le magazine. Enfin, il y a Uppercase, qui est sympa pour les graphistes. C’est contemporain, avec une impression de vintage, nostalgique.  Dommage qu’Uppercase soit difficile à obtenir en Belgique…

Quelle page, rubrique ou couverture magazine est la plus belle jamais réalisée ? 

Je crois en la bonne combinaison de contenu, copywriting, images, typographie et palette de couleurs visualisant la vision stratégique : quand cela se produit dans un magazine, on obtient ce qu’il y a de plus beau !

Pour des couvertures internationales sympas, je me tourne souvent vers Coverjunkie. Je trouve ce site Web très inspirant et cela réside souvent dans des choses toutes simples, comme de petits traits placés en couverture à un endroit précis.

Quel est votre formule de mise en page secrète ?

Des lignes invisibles. Davantage encore que les choses que l’on voit. Les lignes sous-jacentes dans la structure d’une mise en page engendrent un concept, qu’il s’agit de pousser plus loin. Combinez cela avec des proportions récurrentes et vous dotez votre magazine d’une identité.

Quel est, à vos yeux, le rapport idéal entre le texte et l’image dans une double page ?

Cela dépend beaucoup de ce que vous voulez exprimer avec une double page. Quand vous avez mené une discussion en rue, il peut être sympa de rassembler beaucoup de gens sur les deux pages. Ce qui importe, c’est que le contenu soit renforcé et que ce soit assorti au rythme.

Les espaces blancs : ‘jamais assez’ ou ‘il y a des limites’ ?

Nous ne sommes plus forcés de chercher la confrontation avec le journaliste, qui jadis parvenait invariablement à caler un excès de texte dans une double page. Nous vivons dans une culture de l’image : l’image et la typographie n’ont cessé de gagner en importance.

A mes yeux, beaucoup dépend du message que l’on souhaite véhiculer avec son magazine. Pour quel type de périodique est-ce ? N’oubliez toutefois pas que pour beaucoup de gens les espaces blancs sont toujours synonymes de ‘il n’y a rien’. Pesez donc bien les pour et les contre.

Quel est votre regard sur les annonces print ?

Elles sont assurément d’une grande valeur pour les magazines. Le titre et l’annonce ont besoin l’un de l’autre et peuvent se renforcer. C’est dès lors un plus si les ADN des deux correspondent.

Les annonces print ne sont d’ailleurs pas la seule possibilité commerciale dans les magazines : d’autres collaborations aussi sont envisageables, tant que cela reste transparent et crédible.

Els Van Hauwaert, Senior Art Director Femmes d’Aujourd’hui/Libelle

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Lena Brnic, Art Director Ciné-Télé-Revue

Koen Roskams, Art Director Plus Magazine

Art Director’s Words : Lena Brnic

Les art directors constituent un chaînon indispensable – mais souvent sous-estimé – dans la création d’un magazine. Chez Magazinemedia.be, nous avons estimé qu’il était temps de rendre à César ce qui est à César. Cette semaine, la parole est donc à Lena Brnic, AD chez Ciné Télé Revue.

framerQuel est votre magazine favori ?

Difficile à dire. Je peux être attirée par une couverture originale comme par une belle mise en page, une photo qui interpelle, … Souvent, j’ai un coup de cœur pendant quelque temps. Via une collègue, j’ai ainsi découvert le magazine Flow. Je raffole vraiment de son côté graphique. Le titre se démarque par son originalité graphique, les formes utilisées, la façon dont les textes sont portés à l’attention et ses couleurs douces.

Quelle page, rubrique ou couverture magazine est la plus belle jamais réalisée ? 

Chez Ciné Télé Revue, je n’oserais pas en choisir une, mais plutôt plusieurs ‘événements’, comme les dossiers spéciaux sur des événements historiques, que beaucoup de lecteurs conservent.

Quel est votre formule de mise en page secrète ?

Il s’agit de maintenir la ligne graphique, d’une bonne hiérarchie des éléments, de clarté et de l’ajout d’un peu de peps à l’aide de quelques éléments graphiques. C’est un peu comme avec les épices en cuisine… Il faut trouver un équilibre entre les textes et les photos et ainsi préserver l’essence du magazine. Enfin, il faut aussi garder des portes ouvertes pour que le style de la page puisse évoluer.

Quel est, à vos yeux, le rapport idéal entre le texte et l’image dans une double page ?

Il faut bien analyser la photo qu’arborera la page, de sorte à découvrir le moyen de l’exploiter de façon à ce que le lecteur ait envie d’arrêter de feuilleter pour plonger dans le texte. Idéalement, vous obtenez un bon équilibre, mais chaque mise en page est spécifique.

Les espaces blancs : ‘jamais assez’ ou ‘il y a des limites’ ?

Ah, j’estime qu’il est important de conserver des espaces blancs. Cela vous permet d’obtenir un peu de calme, d’aérer quelque peu une page et de préserver la clarté. Il y a une dizaine d’années, Ciné Télé Revue ne contenait quasi aucun espace blanc, mais cela a clairement évolué. Les espaces blancs apportent une touche de modernité.

Quel est votre regard sur les annonces print ?

Elles permettent aux annonceurs de créer un buzz, de mettre en exergue le côté innovant, futuriste et original du produit. À terme, l’interaction avec le public et les autres médias se verra renforcée et une annonce print pourra de plus en plus souvent former la base d’un spot TV ou de bannering, mais ici aussi, bien sûr, un bon équilibre est primordial afin d’éviter que le public ne soit saturé.

Lena Brnic, Art Director Ciné Télé Revue

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Koen Roskams, Art Director Plus Magazine