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6 recommandations dans la lutte contre ‘l’infodémie’

La lutte contre la désinformation, que l’on appelle aussi infox ou fake news, est plus pertinente et urgente que jamais. L’OMS parle d’infodémie : une explosion potentiellement mortelle de désinformations à l’échelle mondiale. Il s’avère que les influenceurs jouent parfois un rôle nocif. Les journalistes et les médias d’information, eux, ont un rôle crucial à jouer comme phare de fiabilité.

4_Myth-Busting_stampLes célébrités, les acteurs et les politiciens comptant de nombreux followers sont d’importants diffuseurs de désinformation sur le coronavirus, écrit The Guardian sur base d’une étude récente. Il ne s’agit pas seulement des Trump et autres Bolsonaro de ce monde ; la Belgique aussi a ses propres fautifs. (un exemple : Une antenne GSM incendiée à Pelt)

Un exemple de la catégorie Myth Busting de l’ ‘United Nations COVID-19 Response Creative Content Hub

Un petit groupe d’influenceurs faisant preuve d’un grand engagement

Oxford’s Reuters Institute a découvert que des personnalités publiques de premier plan produisent 20 % des fausses allégations et qu’elles sont responsables de pas moins de 69 % de l’engagement sur les médias sociaux.

Bien que les vérificateurs de faits et les médias d’information dits mainstream se dressent pour lutter de toute leur force contre ce puissant courant, leur impact est souvent insuffisant. Des études expérimentales relèvent un lien direct entre la foi en les fausses allégations et le non-respect des mesures des pouvoirs publics en matière de distanciement social. Plusieurs plateformes de médias sociaux planchent déjà sur une détection plus rapide de la désinformation sur le corona.

Perte de confiance dans toutes les sources d’information

Un grand risque lié à cette infodémie réside dans le fait que des groupes de gens perdent confiance dans toutes les sources d’information. Les lecteurs ont de plus en plus difficile à distinguer les faits de l’infox et à faire la différence entre un journalisme documenté et une couverture hyper partisane.

Une grande responsabilité pèse dès lors sur les épaules des médias d’information ‘sérieux’, de toutes formes et tailles, qui ne peuvent donc se permettre le moindre faux pas. Chacun doit clairement prendre conscience des tactiques de désinformation sophistiquées déployées aujourd’hui, telles que les cellules de réflexion montées de toutes pièces, les sources frauduleuses, les comptes de médias sociaux fictifs, etc. La vérification des faits, l’appel à de multiples sources et l’alphabétisation aux médias numériques sont cruciaux.

Se protéger contre la désinformation

Un projet gouvernemental canadien autour des magazines et de la désinformation a permis de faire 6 recommandations pouvant aider les éditeurs à se protéger contre l’infox et prendre la défense d’un journalisme crédible.

1. Promouvez la compréhension des causes et effets de cette ère de la désinformation : assurez les compétences de fact-checking et de vérification nécessaires dans le monde numérique

Sources utiles :

2. Prenez votre public par la main : vérité, confiance et lutte commune
La fusion des faits et de la fiction mine la confiance du public en toute information, ce qui facilite la manipulation par des parties malveillantes. Il apparaît que les diffuseurs d’intox prennent avant tout pour cible les éditeurs qui s’adressent à un public niche.

Les connaissances spécialisées des journalistes forment une arme puissante dans cette guerre. En mobilisant le public et en renforçant sa loyauté (à coups d’affiliations, d’événements, etc.), vous pouvez l’impliquer dans la solution du problème. La plateforme journalistique De Correspondent collabore régulièrement avec ses membres pour réunir différentes perspectives et partager l’expertise des membres.

Sources utiles :

3. Appliquez vous-même la transparence et la responsabilisation

  • Soyez transparent au sujet des processus journalistiques et invitez votre public à jeter un œil dans les coulisses.
  • Maintenez une ligne de démarcation claire entre publireportage, contenu parrainé et contenu natif. Ne commencez pas à la repousser pour réaliser un bénéfice à court terme (lire aussi : 4 facteurs qui déterminent le succès du contenu de marque).
  • Etudiez comment les annonceurs s’y prennent pour éviter la contagion.

4. Unissez les forces pour mieux régner
Il est impossible, en tant qu’éditeur, de lutter seul contre la désinformation. Les organisations sectorielles et autres collaborations professionnelles sont cruciales si l’on veut unir ses forces et réussir. Les parties prônant l’intox sont souvent bien organisées, elles aussi, et collaborent fréquemment.

La collaboration entre éditeurs au niveau de la formation, des outils, du partage de connaissances et d’expérience est le seul moyen de faire front. Apprenez des erreurs et des succès de chacun, investissez dans la recherche, le lobbying et les moyens juridiques. Ce sont justement les éditeurs plus modestes qui méritent qu’on les protège (visitez le site WE MEDIA).

Sources utiles :

5. Préparez-vous à des menaces de la sécurité
La violence en ligne contre les journalistes est devenue un phénomène connu de tous. Les attaques directes contre les journalistes en ligne aident à semer le doute, la confusion et la peur. Les journalistes féminines en sont plus souvent la cible.

Les éditeurs doivent se préparer à faire face à de telles attaques et menaces avec des mesures de sécurité accrue, tant en ligne qu’hors ligne. Les journalistes doivent signaler toute menace et pouvoir disposer du soutien psychologique, mais aussi des formations et moyens de défense nécessaires.

Sources utiles :

6. Ne vous livrez pas à la politique de l’autruche
N’allez pas croire que votre publication est trop niche ou votre public trop petit pour être la cible de campagnes de désinformation. Cela ne fera, justement, que vous rendre plus vulnérable.

Sources : IJNet, The Guardian

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