Surfez sur

WeMedia

Marcel Vanthilt :  » Dans le tsunami d’informations, les magazines sont indispensables « 

L’animateur de MAGnify 2019 pour la deuxième année consécutive n’est nul autre que Marcel Vanthilt, musicien et présentateur TV renommé. Nous étions dès lors curieux de connaître son comportement de lecture et sa vision sur l’évolution des magazines musicaux.

WEMEDIA_logo_MagnifyLes orateurs de MAGnify 2019 sont connus.
N’hésitez pas, inscrivez-vous sans plus attendre ici (www.magnify.be) et rejoignez-nous à CC De Factorij à Zaventem.

De quel œil voyez-vous le média magazine ?

Les magazines sont indispensables dans le tsunami d’informations, de flashs d’actualité, d’infos de dernière minute et de nouvelles ‘fast-food’ qui déferlent actuellement sur nous. Pour cadrer tout ça, on a grand besoin d’informations de fond et d’analyses, que seuls les magazines et les journaux du week-end peuvent fournir.

J’ai grandi au sein d’une famille sociale. Nous avions un journal – la Volksgazet – et un hebdomadaire – ABC –. L’information était tendancieuse, ce qui fait que nous n’entendions qu’un seul son de cloche. La ‘fake news’ est donc de tous temps, mais de nos jours les magazines sont à peu près les seuls à encore inspirer de la confiance.

Quels magazines lisez-vous ?

Avec ses trois titres réunis en un seul package, Knack a de l’or entre les mains. En outre, je lis un tas de magazines musicaux, tels qu’Uncut, Q Magazine, Mojo et Oor, ainsi que des magazines dédiés aux voitures classiques. Bref, de vrais magazines de niche.

Je me souviens de la venue de Q Magazine. C’était la première fois qu’un magazine musical avait l’air plutôt ‘stylé’. De nos jours, chaque genre a son titre… Ce qui est aussi génial, ce sont les CD qu’ils offrent en prime. Ils deviennent ainsi pour moi un guide et une source d’inspiration.

Avez-vous une anecdote mémorable à nous raconter ?

À l’époque, quand je travaillais chez MTV et que la chaîne était diffusée partout en Europe, les journalistes se bousculaient au portillon pour me faire des interviews presque chaque jour. Après une série d’entretiens, ça a commencé à me lasser et je me suis mis à fabriquer des réponses de toutes pièces. Je ne serais donc pas surpris d’apprendre qu’il a été dit dans quelque magazine finlandais que c’est comme facteur que j’ai traversé la Manche pour me retrouver à Londres… De la ‘fake news’ avant la lettre, donc…

Marcel Vanthilt portrait Marcel Vanthilt

 Inscrivez-vous ici pour MAGnify.

Découvrez les interviews des différents orateurs de MAGnify :

Steve Goodman Group M UK

Steve Goodman, Group M :  » Nous devons retrouver un équilibre entre les médias numériques et établis « 

L’an dernier, c’était Sir Martin Sorrell. Cette année, c’était Group M au Royaume-Uni qui a mis en doute l’impact positif du switch aux médias numériques. Nous sommes dès lors heureux que Steve Goodman, Managing Director Print Trading Group M UK , ait bien voulu réitérer son discours à l’occasion de MAGnify. Nous avons déjà réussi à l’accrocher pour une interview.

MAGnify 2018 logo

Plus tôt dans l’année, vous aviez déclaré chez Group M que les investissements en baisse dans les magazines n’étaient pas corrects. Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?

Nous avons été et sommes toujours frappés par le fait que le switch des médias traditionnels aux médias numériques a tout de même été fort marqué. Il a été de pair avec un switch au niveau du focus : de la notoriété de marque à l’engagement. Nous estimons que le pendule est allé trop loin. Suite, entre autres, aux échos négatifs à propos du digital qui n’ont cessé de circuler depuis un an et demi, nous plaidons pour un retour aux médias établis.

Nous devons retrouver un équilibre. Car soyons clairs : nous vivons désormais dans une société où le digital revêt une importance capitale. Nous ne ferons pas marche arrière.

La raison pour laquelle, dans cette quête d’un nouvel équilibre, le print gagne de nouveau en importance provient entre autres du fait que les magazines tiennent fort à cœur aux lecteurs. Quiconque les lit, se sent vraiment impliqué. Ce n’est pas le cas pour le numérique, où il est davantage question de reach. Ajoutez à cela qu’il ressort de nombreuses études que si le tirage du print est en baisse, grâce au digital l’empreinte des magazines, elle, ne cesse d’augmenter. Avec nos clients, nous sommes donc très occupés à étudier de quelle façon le print peut réobtenir sa part du gâteau.

Quelles autres éléments peuvent vous aider dans cette aspiration ?

Lorsqu’il s’agit de la mise sur le marché du média, les éditeurs doivent davantage jouer la carte des packages multi-plateformes. Dans le monde de la presse quotidienne, ceux-ci sont déjà bien intégrés. Au Royaume-Uni, ‘Impact’ réunit les touchpoints papier et digitaux des journaux. Nous devons aussi commercialiser les magazines de la même façon.

Pensez-vous aussi à des initiatives sur le marché des lecteurs ?

On ne peut nier que le tirage papier est en baisse. Là aussi, je recommande aux éditeurs de réfléchir à une façon différente de remettre les magazines entre les mains du consommateur. On pourrait par exemple combiner différents titres dans un package. Ou alors, travailler avec une ‘distribution dynamique’ combinant une diffusion payante avec une distribution gratuite auprès d’un public soigneusement circonscrit que l’on suit à la trace. Suite au digital, les gens sont en effet habitués à recevoir des choses gratuitement.

Cette approche a certainement ses mérites, même s’il est sans doute quelque peu nécessaire d’en convaincre les agences média. Ce qui est gratuit n’a peut-être pas nécessairement moins de valeur.

Bien sûr, ça change le modèle d’affaires, mais c’est la seule voie à suivre selon moi. Si le tirage continue à chuter, les annonceurs envisageront et feront appel à d’autres médias.

Vos deux propositions suffiront-elles pour redynamiser le marché ?

Ça aidera, mais il faut bien sûr aussi commercialiser, communiquer à ce propos. À ce niveau, les éditeurs pourraient sûrement faire preuve d’un peu moins de modestie. Les jeunes, dans les agences média et chez les annonceurs aussi, font sans doute preuve d’un peu moins d’engagement envers les produits print. Ce n’est donc pas une mauvaise idée de leur expliquer quels sont les atouts du média et d’attirer leur attention sur la valeur rédactionnelle.

En outre – ou dans ce contexte –, la recherche et les cases revêtent aussi une importance capitale. Les spécialistes du print au sein d’une agence devraient partager leurs cases les plus probants avec tous leurs collègues. Et puis, chaque étude sur le média aide à le commercialiser. À ce niveau, Magnetic (une initiative au Royaume-Uni comparable à Magazine Media) a énormément aidé les agences média.

MAGnify 2018 a lieu le 4 octobre au CC De Factorij, Zaventem. Inscrivez-vous sans plus attendre

MAGnify sprekers en panel

Inscrivez-vous sans plus attendre sur www.magnify.be
Vous trouverez toutes les informations sur le site Web www.magnify.be

Découvrez le programme complèt de MAGnify 2018 ainsi que nos interviews avec les autres orateurs :

Juan Senor MAGnify

Juan Señor :  » Les fake news sont en passe de sauver le journalisme « 

Prolongé pour cause de succès ! Comme l’an dernier, Juan Señor (Innovation Media Consulting Group) se retrouvera sur la scène de MAGnify. Nous vous racontons d’ores et déjà brièvement de quoi il parlera.

MAGnify 2018 logo

Lors de MAGnify, vous nous entretiendrez sur la confiance. Est-ce là l’atout majeur du média magazine ?

Absolument. Les fake news sont en passe de sauver le journalisme. Du fait de l’essor des fake news, les gens attachent d’autant plus d’importance aux sources auxquelles ils peuvent se fier. De nos jours, les fake news sont en effet omniprésents. Tout a commencé autour de l’actualité politique, mais aujourd’hui le même problème surgit dans la mode, la beauté, et cetera. Par exemple, lorsque sur son blog Gwyneth Paltrow prétend qu’il est sain de se laver le postérieur avec du café…

Le radar à conneries des jeunes est très poussé. Les consommateurs sont devenus plus futés. Ils se rendent compte qu’il existe beaucoup d’informations qui ne méritent pas leur confiance. Cette confiance est essentielle. C’est notre pierre angulaire lorsque nous nous lançons dans une relation, lorsque nous faisons du business, … En ces temps numériques, c’est quelque chose qu’on semble quelque peu avoir perdu de vue, mais on sent bien que nous sommes ici à un tournant. Plus que jamais, les gens sont à la recherche d’une information fiable.

Pour le média magazine, c’est donc le bon moment de communiquer à ce propos et d’expliciter que si le média est un excellent support pour les publicités, ce n’est pas un support publicitaire.

Lorsqu’on explique au lecteur qu’on est synonyme de contenu de qualité, lorsqu’on prétend que ‘la qualité, c’est nous’, il faut bien sûr aussi oser demander une contrepartie en argent.

Vous dites : ‘la qualité, c’est nous’. Que pensez-vous du nouveau nom de notre association, ‘WE MEDIA’ ?

Et bien, WE TRUE MEDIA eût peut-être été encore mieux. Tout tourne vraiment autour de cette confiance. Les annonceurs se rendent compte que le digital n’est pas fiable.

Bien sûr, le média magazine aussi est présent digitalement.

C’est vrai, mais il existe à mes yeux une distinction importante entre les plateformes numériques à la Facebook, qui s’appuient sur leur audience gigantesque, et les magazines digitaux, qui obtiennent leur propre audience et se distinguent par leur caractère propre.

On doit d’ailleurs arrêter de faire la distinction entre on-line et non on-line. Arrêtons de réfléchir en termes binaires. Nous devons développer des contenus différents pour les différentes plateformes.

L’on-line pousse-t-il les éditeurs à réinventer le print ?

C’est en tout cas ce que je leur conseille. On voit apparaître une lassitude devant l’écran. Les gens en ont marre de fixer un écran à longueur de journée. Durant le week-end, notamment, les magazines forment un bel échappatoire. Cela signifie qu’on peut positionner l’on-line et le print de façon très complémentaire : l’on-line pour un contact quotidien avec sa cible et le print pour la ‘big experience’, le ‘me-moment’.

On doit arrêter de partir de l’idée que c’est l’un contre l’autre. Comparez ça à l’industrie automobile. Si en tant que constructeur, vous n’investissez pas dans les voitures électriques, vous commettez une grosse bêtise. Cela ne signifie toutefois pas, bien sûr, que les voitures à essence disparaîtront d’ici quelques années.

Outre la confiance, la loyauté me semble être le deuxième atout majeur des magazines. Êtes-vous d’accord ?

Je ne sais pas si les gens sont fidèles. Ils ont surtout des habitudes. Quand ils risquent de les perdre, il faut les ‘reformater’.  Je répète : c’est le bon moment de le faire. Justement en évoquant la crédibilité. Regardez ce qu’a fait le New York Times avec sa campagne sous le vocable de ‘Reporting the story you trust’.

A quoi peuvent encore s’attendre les participants à MAGnify ?

L’an dernier, j’ai incité les éditeurs à introduire un système de paiement numérique. A l’entame de ma présentation cette année, je demanderai dès lors qui, entre-temps, l’a  fait. Si moins de 5 % des gens dans l’assemblée lèvent la main, je me verrai obliger de quitter la salle…

MAGnify a lieu le 4 octobre au CC De Factorij, Zaventem. Inscrivez-vous sans plus attendre

MAGnify sprekers en panel

Découvrez le programme complèt de MAGnify 2018 ainsi que nos interviews avec les autres orateurs

D’autres articles :