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Liesbeth Van Cauwenbergh portrait

 » Les gens sous-estiment le volume de travail et le niveau d’attention que requiert chaque page « 

Derrière chaque magazine et site magazine se cachent souvent des dizaines de collaborateurs et presqu’autant de fonctions. Connaissez-vous, par exemple, le Chef Rédaction ? Nous sommes allés à la rencontre de Liesbeth Van Cauwenbergh, qui assume ce rôle pour NINA et Goed Gevoel.

Chef Rédaction. Voilà ce que dit la carte de visite de Liesbeth Van Cauwenbergh. Ou comme elle le dit elle-même :  » Je me charge de la direction quotidienne de NINA et de Goed Gevoel. Je dirige les brainstormings et je garde un œil sur la composition et la qualité du contenu, et sur le budget de fonctionnement.  »

Jour après jour, elle se voit ainsi amenée à répondre à 1.001 questions sur le contenu et l’image, à participer à des réunions avec les collègues du marketing et de la vente, … bref, à gérer le côté plutôt pratique. Est-ce là que se situe la différence avec un rédacteur en chef ?

Liesbeth Van Cauwenbergh explique :  » Les rédacteurs en chef – An Meskens et Klaus Van Isacker – déterminent la stratégie d’ensemble, tant en print qu’en digital, et prennent le pouls de ce qui se trame ailleurs dans notre grand groupe média. Moi, je passe mes journées à la rédaction et je bosse sur la progression des titres.  »

Deux aspects de la même femme

Il est aussi frappant de constater que Liesbeth Van Cauwenbergh travaille tant sur les numéros de NINA que sur ceux de Goed Gevoel. Il s’avère que ce n’est pas un hasard.  » Avec la rédaction principale, nous avons développé une nouvelle stratégie qui, en même temps, sert en quelque sorte de ‘boussole’ rédactionnelle « , dit-elle.  » Avec les deux magazines, nous visons en fait la même femme, mais par titre nous interpellons un autre aspect de cette femme. La femme NINA est extravertie, c’est la fenêtre sur le monde : quelles sont les tendances, idées, personnes qui peuvent m’inspirer à rendre ma vie plus agréable et intéressante. La femme Goed Gevoel est plutôt introvertie : mon corps, ma tête, ma famille, ma vie affective, mon travail… Quelles sont les idées et les personnes qui peuvent m’inspirer à rendre ma vie plus facile, plus saine, plus efficace et plus équilibrée ? Pour moi, la distinction est très claire et je n’ai donc absolument aucune difficulté à passer de l’un à l’autre.  »

 » J’aime imaginer et créer « 

Liesbeth Van Cauwenbergh est encore une ‘femme magazine pur-sang’. Elle a longtemps travaillé pour Flair, mais aussi chez Sqills (de Sanoma) et BrandTales (du Persgroep Advertising), deux départements de régie axés sur les solutions (magazine) créatives pour les marques.

 » J’aime imaginer et créer « , dit-elle au sujet de sa grande passion.  » C’est toujours génial de voir paraître dans un joli magazine une idée qui, quelques semaines auparavant, vous a à un certain moment traversé l’esprit. J’aime aussi l’ambiance dans une rédaction et le type de gens qui y circulent. Chaque rédaction pour laquelle j’ai travaillé m’a valu de bons amis.  »

Il est dès lors peu surprenant d’entendre qu’elle croit toujours au print. Van Cauwenbergh :  » Je pense même que dans ce contexte, la surcharge de stimuli numériques et la qualité souvent douteuse des contenus en ligne nous donnent un coup de main. Je pense que les gens auront à nouveau besoin d’une information crédible, étayée et suffisamment filtrée. Mais pas indépendamment de l’on-line, bien sûr. Une proposition en ligne forte ne peut pas manquer.  »

Dans cette évolution, elle constate que tout migre vers le storytelling visuel et la vidéo.  » En ce moment, la vidéo est toujours un média onéreux pour une rédaction « , laisse-t-elle entendre.  » Il y a dès lors un grand besoin de gens pouvant travailler de façon très visuelle, de gens qui maîtrisent la vidéo, Photoshop et tous les gadgets des médias sociaux. Ces profils ont beau apparaître sur le marché, je le vois encore trop peu souvent trouver le chemin de nos rédactions.  »

Folle de Wienerin

Pour quelqu’un qui s’occupe de magazines avec une telle intensité, il est parfois frustrant de constater à quel point les gens les prennent à la légère. Van Cauwenbergh estime qu’on sous-estime souvent le volume de travail et le niveau d’attention que requiert chaque page. Tout comme l’importance cruciale que revêt chaque élément du processus rédactionnel : angle d’attaque, texte, image, mise en page… » Si une seule pierre de l’édifice n’est pas bien en place, le tout s’effondrera.  »

Elle le constate aussi chez les innombrables magazines qu’elle lit. Chez ses favoris, cependant, tout va toujours pour le mieux :  » J’en ai beaucoup et il s’en rajoute régulièrement. J’aime les Elle et Elle Decoration britanniques parce qu’ils sont toujours à la pointe en tout : photographie, angles d’attaque, mise en page. Le Elle français aussi me plaît, parce qu’il parvient chaque semaine à livrer un magazine stylé, de haute qualité et accessible. Au niveau du contenu, Stern produit des titres très solides : à l’époque, je trouvais que NIDO, un magazine spin-off pour les parents, et NEON, destiné aux jeunes, étaient bien faits, de façon très journalistique. En ce moment, je raffole de Wienerin, un magazine lifestyle autrichien. Un titre de niche, mais tellement bien fait : le contenu, le contenant, tout est top !  »

Liesbeth Van Cauwenbergh portrait Liesbeth Van Cauwenbergh

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