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Koen Van Stappen

La publicité dans l’enseignement artistique, une épine dans le pied ?

Le design publicitaire a toujours fait partie intégrante de l’enseignement artistique. De récentes discussions ont cependant fragilisé sa position et fait qu’il attire moins de jeunes. Quelle est la solution ? Koen Vanstappen, chargé de cours, responsable du design publicitaire chez PXL- MAD et membre du jury du StuMPA, a son idée sur le sujet. Voici sa chronique.


MAGnify 2020 commence jeudi, le 1er octobre
Découvrez le programme et les orateurs ici

Il se passe quelque chose, aujourd’hui, dans l’enseignement artistique supérieur. Un tas de discussions y font rage, le discours étant quasi exclusivement focalisé sur l’art autonome et la création de l’artiste indépendant. Pourtant, dans les hautes écoles d’art la plupart des étudiants ne suivent pas de formation axées sur les arts autonomes, se préparant plutôt à un rôle dans le monde ordinaire. Je parle alors des arts appliqués, comme l’illustration, le game design, le design graphique et publicitaire, etc. Après leurs études, ces étudiants-là n’intègrent pas le circuit artistique, optant plutôt pour une agence graphique ou publicitaire, ou proposant leurs services en tant qu’illustrateur indépendant, par exemple.

Cette discrépance fut encore exacerbée par l’intégration de l’enseignement artistique dans les universités, faisant suite à la déclaration de Bologne et la création de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES, ou EHEA en anglais). La collaboration entre universités et hautes écoles d’art est avant tout l’histoire de chercheurs universitaires et d’artistes autonomes. Pour ne pas être exclus de la discussion autour de l’académisation, les arts appliqués se sont mis à se profiler différemment. Ils souhaitent être équivalents aux arts libéraux ‘traditionnels’ et être aussi libres qu’eux.

Avec un travail visuel qui, en droite ligne, sert des facteurs sociétaux ou propres à l’économie de marché, il semblerait que ce soit devenu un exercice trop compliqué. Le résultat est qu’aujourd’hui, dans l’enseignement artistique, on considère que le design publicitaire crache dans la soupe. La publicité ne peut en effet jamais être pure, au-dessus de tout soupçon, soutient-on.

Là où les formations ‘illustration’ et ‘design graphique’ avaient tourné la page sur leur origine d’acteur dans une structure économique pour se placer sur la même ligne que les arts libéraux, cela s’est avéré impossible pour la publicité. Une publicité sans message étroitement circonscrit n’est tout simplement plus de la publicité. La publicité ne pourra donc jamais compter parmi les arts, conclue-t-on, et est donc laissée pour compte dans les projets de recherche et de doctorat dans les arts.

Par conséquent, les étudiants ignorent plus souvent l’orientation publicité, soit par méfiance, soit par mépris. La publicité n’est pas soutenue par les chercheurs et n’est plus sexy, comme ça a pu être le cas jadis.

Il ne s’agit toutefois pas de savoir si la publicité, c’est de l’art ou non. Ce qui importe, c’est que la publicité domine l’espace publique. Bien plus que ne le font une œuvre d’art dans une galerie ou une affiche graphique dans un centre culturel. L’art est une réflexion sur le monde, et c’est particulièrement précieux, mais son impact pâlit à côté de celui de la publicité.

La publicité emplit, colorie et pollue notre monde, tant hors ligne qu’en ligne. La publicité contribue à alimenter la réflexion, à former les comportements et à perpétuer les opinions et les avis. Directement et indirectement. Quand une grande marque prend position contre le racisme ou les inégalités de genre, cela a une portée qu’aucune performance dans un salon d’art ne pourrait égaler. La publicité a des armes dont un artiste engagé ne peut que rêver. De plus, l’existence des médias dépend presque entièrement de la publicité. Les raisons ne manquent donc pas pour donner une place importante, à ce niveau, à la recherche liée à l’art.

J’entends déjà dire le secteur publicitaire : Nous ne nous occupons pas d’art ici. What’s in it for me?

Si la publicité revendiquait à nouveau sa place dans les écoles d’art en tant que domaine de recherche indispensable, je pense que les étudiants d’art auraient à nouveau une raison d’opter pour la publicité. Du coup, cela signifierait que les agences de publicité disposeraient d’un plus grand vivier dans lequel pêcher. En outre, les talents publicitaires en herbe qui ne se bornent pas à apprendre un métier, mais qui réfléchissent aussi et étudient ce que la publicité représente en tant que réflexion sur le monde, s’enrichissent. Tout compte fait, un bon créatif est quelqu’un qui réfléchit à ce qui l’occupe. Car ce n’est qu’en prenant un peu de recul qu’on parvient à penser en dehors des schémas habituels.

Koen Van Stappen Koen Vanstappen, responsable du design publicitaire chez PXL- MAD et membre du jury du StuMPA

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La chronique de Damien : StuMPA 2020 : un grand cru en perspective

Le vendredi 3 avril, les 20 finalistes du StuMPA défendront leur création et le jury élira les lauréats. Le président du jury, Damien Lemaire, rédacteur en chef de Media Marketing, a d’ores et déjà ses préférences…

Découvrez ici les nominés du StuMPA 2020

Cette année, le jury du StuMPA, composé de trois créatifs, deux professeurs et trois journalistes de la presse pro, dont votre serviteur, qui assume également (avec grand plaisir)  le rôle de président du jury, a passé en revue une centaine de créations (vs une septantaine en 2019), un record, ou du moins, une participation exceptionnelle, rarement enregistrée…

Comme toujours, parmi les inscriptions, il y avait à boire et à manger (je ne parle du toujours aussi excellent lunch, servi dans la foulée du premier tour de table), mais également, du bon, voire très bon ! Personnellement, il y avait très longtemps que je n’avais pas été charmé d’emblée par certains participants.

Et plus précisément, par trois d’entre eux. Deux pour l’idée certes, mais principalement pour la qualité de leur exécution ; la troisième pour l’intelligence du concept, ou plutôt, de l’insight, comme me l’a fait très justement remarqué Sam De Win, CD chez Prophets, et l’un des trois jurés créatifs précités.

Si deux de ces trois-là ne s’envolent pas vers les Cannes Lions, et le troisième vers Knokke pour les CB Awards en juin prochain, je démissionne non seulement de mon poste de président, mais aussi de celui de Rédacteur en chef de Media Marketing (comme vous ne savez pas de quels travaux je parle, je ne prends pas beaucoup de risques) !

Plus sérieusement, lors de ce genre d’exercice, il est également toujours amusant de constater les différences de jugements et de goûts entre les membres du jury, en fonction de leur expertise respectivement. Mais c’est aussi ce qui fait toute la richesse du StuMPA : l’exigence créative et conceptuelle des uns vs la fraîcheur, l’enthousiasme et l’œil critique en termes de faisabilité des autres. Un mix parfait, qui, généralement, accouche du palmarès le plus juste qui soit.

Maintenant, avouons-le également, chaque année, notre travail de juré est grandement facilité par la pauvreté (conceptuel, ainsi qu’au niveau de la réalisation) de certains, voire d’un grand nombre de travaux. Dans quelques cas (rares heureusement), c’est même limite insultant…

Et surtout, chers professeurs, ce n’est pas rendre service à vos étudiants. L’école ne sert pas uniquement à enseigner des techniques et des disciplines. Elle a également le devoir de faire prendre conscience que la vie professionnelle est loin d’être un long fleuve tranquille, d’autant plus dans la publicité, à commencer par les départements créatifs, où, avant d’être long, le fleuve est sinueux, parsemé d’embûches et, malheureusement parfois aussi, infesté de requins…

_DSC5292 Damien Lemaire, editeur en chef de Media Marketing

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StuMPA logo 2020

StuMPA 2020 :  les nominés

Les nominés du StuMPA 2020 (Student Magazine Print Award) sont connus. 20 lauréats ont été sélectionnés parmi les 100 candidats. Les étudiants de deuxième et troisième année des Hautes Ecoles en Art Graphique/Publicité ont dû réaliser une annonce magazine avec une extension digitale. Les 20 devront défendre leur création publiquement le 3 avril lors du Young Creatives Day.

StuMPA logo 2020

Découvrez les créations gagnantes de 2019 ici

Les gagnants du concours auront le privilège de se rendre à la Mecque du secteur, à savoir le Festival International Cannes Lions. Les 20 jeunes créatifs devront défendre leur création publiquement le 3 avril lors du Young Creatives Day. Le StuMPA, concours annuel organisé par WE MEDIA, la fédération des éditeurs, en est à sa 11ème édition. Les 11 membres du jury se sont réunis mercredi 19 février pour étudier et évaluer tous les projets.

Les 20 du StuMPA 2020 nominés sont :

Haute Ecole Louvain en Hainaut (HELHa) (prof. Isabelle Hubinon)

  • Davina Lorenzano
  • Shana Manallah
  • Florent Fitdevoie
  • Clémence Menu
  • Emie Hodeige
  • Valentine Cornu
  • Margaux Poncé

ESA Le 75 (prof. Paul Moriau & Paul Van Biesen)

  • Soufyan Boubker
  • Mathieu Knockaert

Luca School of Art Ghent (prof. Anneke Rombaut)

  • An-Sofie Keulen
  • Steve Maes
  • Liesbeth Fauconnier

ESA Saint- Luc Bruxelles (prof. Philippe Lepinois)

  • Mila Evrard
  • Stéphanie Killian
  • Ketcha Luisa Gime
  • Emilie Mainand
  • Apolline Ducobu
  • Robin de Gélas

PXL MAD (prof. Koen Vanstappen)

  • Jinte Tholen
  • Toon Conard

Ce jury est composé de

  • 3 créatifs : Marie-Laure Cliquennois (TBWA), Sam De Win (Prophets) et Nicolas Gaspart (mortierbrigade) ;
  • de 2 professeurs des écoles participantes : Philippe Lepinois (Saint-Luc Bruxelles) et Koen Vanstappen (PXL MAD) ;
  • de 3 journalistes de la presse professionnelle : Marine Dehossay (PUB), Bart Kuypers (MediaSpecs) et Damien Lemaire (Media Marketing – président) ;
  • de 3 représentants des éditeurs-membres de WE MEDIA B2C : Renée Devrieze (DPG Media), Thierry Hottat (Produpress) et Tom Wattez (Roularta Media Group).

La défense, qui se fera devant le même jury ainsi que devant un public composé d’étudiants et de professeurs, aura lieu le vendredi 3 avril à 14 heures chez BBDO dans le cadre du Young Creatives Day. Le Young Creatives Day est une collaboration entre WE MEDIA, Media Marketing et Creative Belgium.

La défense sera suivie par la délibération du jury et la remise des prix. Le but est de désigner les gagnants des 5 Awards, à savoir un Gold, un Silver et deux Bronze, ainsi que celui de la Best School.

Ces awards sont accompagnés de prix exceptionnels pour les étudiants : les gagnants du Gold et du Silver s’envoleront en juin pour le prestigieux ‘Cannes Lions, International Festival of Creativity’, les gagnants des Bronze assisteront au CB Awards & Party à Knokke,

Contact : Nathalie Meskens, Nathalie.meskens@wemedia.be

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StuMPA 2020 : découvrez le jury !

StuMPA WE MEDIA Pour la onzième année consécutive, WE MEDIA organise le Student Magazine Print Award, le StuMPA. Pour ce faire, WE MEDIA accueille un jury multidisciplinaire composé de créatifs, de professeurs des écoles participantes, de membres de WE MEDIA ainsi que des représentants de la presse professionnelle.

Découvrez ici les lauréats et les photos du StuMPA 2019

Le StuMPA a comme objectif de stimuler l’intérêt des jeunes (étudiants de deuxième et dernière année des Hautes Ecoles Artistiques) pour la presse magazines. Il est essentiel que les jeunes créatifs soient conscients de la valeur de ce media et le considèrent comme une source fiable d’informations, et ce dans une optique de construction de marque.

Les élèves doivent travailler d’une manière creative avec et autour du média magazine, en exploitant tous ses atouts. Ils doivent également exploiter les possibilités qu’offre le digital pour pousser plus en avant l’idée retenue.

Cette année encore, le but est pour eux de décerner 5 Awards : un Gold, un Silver et 2 Bronze Awards ainsi que celui de la Best School. Derrière ces awards se cachent des prix à faire rêver les étudiants : une semaine à Cannes lors du festival Cannes Lions pour le Gold et le Silver, une entrée pour le gala de Creative Belgium pour les 2 Bronze,…

Ce jury, présidé par Damien Lemaire (Media Marketing), se compose de :

Créatifs :

  • Marie-Laure Cliquennois (TBWA)
  • Sam De Win (Prophets)
  • Nicolas Gaspart (mortierbrigade)

Ecoles :

  • Philippe Lepinois (Saint-Luc Bruxelles)
  • Koen Vanstappen (PXL)

Presse professionnelle :

  • Marine Dehossay (PUB)
  • Bart Kuypers (MediaSpecs)
  • Damien Lemaire (Media Marketing – président)

Editeurs-membres de WE MEDIA B2C :

  • Renée Devrieze (DPG Media)
  • Thierry Hottat (Produpress)
  • Tom Wattez (Roularta Media)

Cette équipe de professionnels travaillera en deux phases :

  1. dans un premier temps, elle sélectionnera au maximum 20 nominés. Ce jury se déroulera dans les bureaux de WE MEDIA B2C le mercredi 19 février 2020.
  2. dans un second temps, les (maximum) 20 nominés seront invités à venir défendre leur projet devant le même jury et en public. Ce deuxième jury se tiendra dans le cadre du Young Creatives Day (collaboration avec Creative Belgium et Media Marketing) le vendredi 3 avril. Après délibération, les gagnants seront annoncés en fin de journée.

C’est aussi à ce moment-là que sera révélé, en fonction du nombre de nominés/lauréats par école, le nom de l’école qui remportera le Best School Award.

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New Year Greeting card

2019 en citations du site web Magazine Media (part 2)

Traditionnellement, la fin de l’année est l’occasion de jeter un œil en arrière, de s’attarder un bref instant sur ce qui s’est passé et ce qui a été réalisé. Que laissons-nous définitivement derrière nous en 2019 ?  Qu’emportons-nous pour 2020 ? Dans un premier volet (que vous pouvez lire ici), nous avions déjà proposé un florilège de citations tirées de notre foule de chroniques et interviews. Dans ce second volet, nous faisons le bilan des événements qui ont balisé 2019.

L’équipe Magazine Media et WE MEDIA vous souhaite une année 2020 magnifique, pleine de joie et de beauté !

Inscrivez-vous à notre newsletter et ne ratez plus aucun propos intéressant en 2020.

BATIBOUW

« Nous constatons que les gens achètent ce type de magazines en guise d’inspiration », dit-elle pour motiver le choix. « Ils en déchirent des pages, les rangent dans un ‘classeur d’inspiration’ et s’en munissent pour rendre visite à leur architecte. » Véronique Bouvy, Brand Manager chex Velux

« Pourtant, nous optons aussi volontairement pour les magazines, même si là nous abordons les choses de façon un peu différente. Nous cherchons alors vraiment à générer une ‘stopping power’. » Paul David, Brand & Marketing Director chez Eggo

« Nous devons à notre marque d’aussi élever notre communication à un niveau supérieur. Ce n’est pas un hasard si en outre nous référons à notre site Web, car nous constatons que les campagnes dans les médias traditionnels, en radio comme en print, font invariablement exploser nos chiffres visiteurs. » Peter Ottevaere, Reynaers Aluminium

StuMPA

Simon Pyson « Si vous croyez vraiment en une idée, tournez-la dans tous les sens jusqu’à ce que vous parveniez à la vendre. Si vous ne le faites pas, vous rencontrerez une autre version de votre idée à Cannes, mais qui sera meilleure. Regardez donc ma participation au StuMPA et puis la pee ad d’Ikea et vous comprendrez de quoi je parle… » Simon Pyson, StuMPA lauréat 2017

« Certains aspects du print – comme son aspect tactile – sont inégalables en ligne. Le print n’est pas mort. » Sahra Marly, StuMPA lauréat 2015

« C’était une belle expérience, et une chance à l’époque de pouvoir participer aux Lions. Voir ce qui se fait de meilleur dans le milieu de la pub, ça ouvre l’esprit et vous rend plus créatif. » Maxime Siquet, StuMPA lauréat 2014

And the winners are… StuMPA 2019 : les gagnants !

MAGnify

« Avec les magazines, on décide soi-même de son propre algorithme. Les autres médias, on les consomme plutôt d’une façon linéaire, tandis qu’un magazine, on le prend entre les mains, pour ensuite le poser et le refeuilleter plus tard… » Nancy Detrixhe, Research Manager, MMA

Danny-Devriendt « Un des instigateurs de cette situation est la majorité silencieuse. Si celle-ci se rebellait, le problème serait bien moins important. Je ne parle alors pas seulement du lecteur silencieux, mais aussi du journaliste silencieux, et de l’annonceur silencieux. » Danny Devriendt, Managing Director, IPG/Dynamic

« Ces plateformes américaines captent entre 80 et 90 % de la croissance. Ce déséquilibre complique le financement de l’information et pose des questions d’éthique et de qualité de l’information. » Yves del Frate, CEO, CSA

Zoe van Gastel« Magazines doivent oser lâcher en partie le contrôle. Un influenceur doit pouvoir proposer le contenu à sa façon, avec le ton qui lui est propre. C’est cette approche créative qui fait que ça fonctionne. » Jeroen Naudts, chercheur, Arteveldehogeschool

« La terre est-elle plate ? » Vidéo de la session sofa avec Danny Devriendt, Eva Van Driessche, Ruben Ceuppens, Zoë van Gastel, Harry Demey

Bonne Année !

« Les jeunes créatifs sont comme des couteaux suisses. »

Aujourd’hui, une nouvelle charge de futurs créatifs inonde les hautes écoles belges. C’est le bon moment pour découvrir qui ils sont et comment ils pensent. La réponse vient d’Isabelle Hubinon, l’une des Belges les plus récompensées des années 2000. Actuellement, Isabelle est enseignante à HelHa.

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N’hésitez pas, inscrivez-vous sans plus attendre ici (www.magnify.be) et rejoignez-nous le 3 Octobre à CC De Factorij à Zaventem.

Elle a connu des années de succès avec Publicis et Leo Burnett et est active en tant qu’enseignante à HelHa (Mons) pendant plusieurs années maintenant. Bref, ce membre du jury de StuMPA est la personne idéale pour parler des nouvelles générations d’étudiants qui vont bientôt bousculer le monde créatif.

Hubinon les qualifie même de  » véritables couteaux suisses « . Elle explique :  » Véritable, car ils sont authentiques, ils vont droit au but et ils veulent vraiment délivrer des messages qui partent de vrais sentiments. Des couteaux suisses, car ils doivent être créatifs, mais ils doivent aussi être des designers, des photographes et des community managers : des vrais touche-à-tout. Ils doivent être curieux, rapides, réactifs… mais toujours excellents en termes de pensée conceptuelle.  »

Un bel avenir pour les magazines de niche

Le fait que ces jeunes soient principalement sur les réseaux en ligne est enfoncer une porte ouverte.  » Toujours à l’affût de ce qui se passe en temps réel » dit Isabelle Hubinon.  » C’est en ligne qu’ils communiquent, qu’ils trouvent leur inspiration. Mais pas uniquement en ligne, bien sûr.  »

D’autres médias peuvent également attirer leur attention, y compris les médias traditionnels. Selon Hubinon, les éditeurs de magazines doivent faire preuve d’intelligence :  » Les étudiants achètent encore des magazines, mais plutôt des magazines de niche, des magazines spécialisés dans un domaine qui les intéresse.  »

Faites-leur confiance

Ils sont plus traditionnels que l’on penserait. Et cela vaut également pour les événements qu’ils jugent importants. Creative Belgium Awards et Cannes Lions sont aussi  » le saint Graal  » pour les étudiants, selon Isabelle Hubinon.

Comme apothéose, elle a encore un bon conseil à donner aux directeurs créatifs qui veulent attirer de jeunes talents :  » Faites en sorte qu’ils aient confiance en eux, partagez vos trucs et astuces, et ils brilleront sans aucun doute !  »

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StuMPA lauréat 2019 Kato Vochten avec Astrid Janssens et Nathalie Meskens

StuMPA 2019 : les gagnants !

C’est dans le cadre du Young Creatives Day 2019 que les 20 lauréats du Student Magazine Print Awards sont venus défendre devant le jury leur projet autour du média magazine, ce vendredi 5 avril, chez BBDO à Bruxelles. Ces 20 lauréats avaient été sélectionnés lors du premier round par le jury de la 10ème édition du StuMPA* parmi les 86 élèves de deuxième et troisième année des 6 Hautes Ecoles en Art Graphique/Publicité participantes.

StuMPA 2019: the photos of Young Creatives Day (5 April 2019)

Encouragés par leurs camarades de classe et leurs professeurs, les 20 étudiants ont rivalisé d’originalité dans la présentation de leur projet : tant dans leur défense ‘live’ que dans la vidéo mettant en scène leur projet, les créatifs de demain n’ont pas manqué d’inspiration pour charmer le jury.

Au terme de 2 heures de défense de travaux, les 10 membres du jury se sont retirés pour délibérer. Les points ont été attribués à chaque étudiant sur base de 6 critères : l’idée créative, la réalisation du print, le concept digital, le lien avec le support magazine, la vidéo et enfin la défense orale du projet. La tâche ne fut pas aisée pour le jury … le verdict est tombé peu après 17 heures.

Le StuMPA Best School revient cette année à LUCA School of Arts Ghent, école représentée par Anneke Rombaut et ses étudiants très créatifs.

1/ Remporte le StuMPA Gold

– Kato Vochten (LUCA School of Arts Ghent) et son concept écologique « Tijd-Schrift Humo ».

2/ Remporte le StuMPA Silver

– Cyril Kindt (Saint-Luc Bruxelles) et son page engagée pour le don de sang et « La Croix-Rouge »

Kato et Cyril s’envoleront en juin pour le festival international Cannes Lions 2019.

3/ Remportent le StuMPA Bronze

– Julie Poisquet (LUCA School of Arts Ghent) et son idée ingénieuse « A Knack for sustainability »

– Aaricia Wiesen (HelHa) et son énigmatique annonce pour « Escape Hunt ». La vidéo ICI.

Julie et Aaricia, quant à eux, assisteront au prestigieux gala du Creative Belgium, le vendredi 24 mai, au casino de Knokke.

Le jury était composé de 3 créatifs : Sam De Win (Prophets), Nathalie Strybos (Serviceplan) et Fred Zouag (mortierbrigade) ; de 2 professeurs des écoles participantes : Isabelle Hubinon (HelHa) et Paul Moriau (ESA Le 75) ; de 2 journalistes de la presse professionnelle : Astrid Jansen (PUB – présidente) et Damien Lemaire (Media Marketing) et de 2 représentants des éditeurs-membres de WE MEDIA B2C : Emmanuelle Michel (Ed. L’Avenir) et Tom Wattez (Roularta).

Toutes nos félicitations aux participants de cette 10ème édition du StuMPA, un merci à tous les membres du jury et à BBDO pour son accueil.

* Le Student Magazine Print Award 2018-2019, StuMPA, est une initiative des éditeurs de WE MEDIA B2C avec la collaboration de MM et PUB. Il s’agit d’un concours créatif pour les étudiants de 2ème et 3ème année des Hautes Ecoles Artistiques section développement graphique/publicité. Le point de départ de la réflexion du StuMPA est le média magazine. Les élèves doivent travailler avec et autour du média magazine, en exploitant tous ses atouts. Ils doivent également exploiter les possibilités qu’offre le digital pour pousser plus en avant l’idée retenue.

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Sahra Marly portrait

Qu’en est-il… de Sahra Marly ?

Le 5 avril, les nouveaux lauréats du StuMPA seront annoncés (pour la 10e fois déjà !). L’occasion rêvée pour vérifier ce qu’il advient des lauréats précédents. Sahra Marly a remporté un Silver en 2015. Aujourd’hui, elle est Graphic & Web Designer.

A lire aussi : Qu’en est-il… de Simon Pyson et Maxime Siquet ?

Tout comme Maxime Siquet (link), Sahra Marly a étudié à l’ESA Le 75. En 2015, elle s’est adjugée le Silver StuMPA avec une campagne pour Think Pink:

Ce fut pour elle une belle expérience. « J’ai appris qu’il est important d’ouvrir les yeux sur les possibilités en termes de médias, mais aussi sur ce que la publicité a à offrir en soi », dit-elle à ce sujet. « La publicité ne doit pas nécessairement servir un objectif commercial. Elle peut aussi aider à faire connaître des organisations non gouvernementales. Comme Think Pink. Pour ensuite inciter les gens à soutenir de bonnes causes.

Le print n’est pas mort

Néanmoins, Sahra Marly n’a pas poursuivi dans la voie publicitaire. Du moins, pas en tant que créative publicitaire. « Je me sens toujours plus attirée par le côté graphique, plus que par la création de campagnes. »

Aujourd’hui, elle est surtout Web Designer, notamment en tant que freelance dans différentes agences .Cela ne signifie toutefois pas qu’elle se détourne du print. « Que du contraire », dit-elle. « Certains aspects du print – comme son aspect tactile – sont inégalables en ligne. Le print n’est pas mort. » Selon ses propres dires, il est dommage de penser qu’aujourd’hui la publicité serait plutôt digitale.

Dixit une spécialiste du Web…

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video StuMPA Maxime Siquet

Qu’en est-il… des anciens lauréats du StuMPA ? – Maxime Siquet

Le 5 avril, les nouveaux lauréats du StuMPA seront annoncés (pour la 10e fois déjà !). L’occasion rêvée pour vérifier ce qu’il est advenu des lauréats précédents. En 2014, Maxime Siquet s’était adjugé le Silver. Il vit et travaille aujourd’hui en Sicile.

Qu’en est-il…des anciens lauréats du StuMPA ? – Simon Pyson

Il représentait l’ESA Le 75 et a marqué les esprits avec un pochoir pour MNT.

Maxime Siquet évoque le StuMPA avec beaucoup de satisfaction : « À l’époque, le fait de devoir respecter un briefing extérieur à l’école, de devoir réaliser un projet print sortant de l’ordinaire et de le décliner en numérique, pour finalement réaliser une vidéo créative pour défendre mon projet, m’a permis de réaliser un projet plus poussé et complet. C’était très intéressant. »

Il enchaîne : « C’était une belle expérience, et une chance à l’époque de pouvoir participer aux Lions. Voir ce qui se fait de meilleur dans le milieu de la pub, ça ouvre l’esprit et vous rend plus créatif. »

Palerme

En ce moment, pourtant, Maxime n’est pas un créatif. Du moins, pas à temps plein. Il vit et travaille actuellement à Palerme, en Sicile. « Trouver du travail ici, ça n’est pas facile », dit-il. « Voilà pourquoi le design n’est pas mon activité principale. Je suis toutefois toujours actif et j’ai, entre autres, produit les visuels pour l’événement #WeNeedYouth2016, organisé par le Centre d’Action Laïque à Bruxelles. »

Il espère toujours un jour pouvoir travailler comme designer à plein temps. « En fait, les Lions de Cannes auraient été l’occasion idéale pour y arriver. J’aurais pu m’y présenter en tant que team en compagnie de Thierry Massaux (aussi un diplômé de l’ESA Le 75 et lauréat du Gold StuMPA, ndlr.) et partir à la recherche d’un boulot. Mais à l’époque, ça ne rentrait pas dans nos projets de vie. »

Curieux de savoir s’il on le verra encore à l’œuvre en Belgique…

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Simon Pyson

Qu’en est-il…des anciens lauréats du StuMPA ?

Le 5 avril, les nouveaux lauréats du StuMPA seront annoncés (pour la 10e fois déjà !). L’occasion rêvée pour vérifier ce qu’il est advenu des lauréats précédents. Comme Simon Pyson, qui en 2017 a remporté le StuMPA d’Or et qui aujourd’hui travaille en tant que créatif junior chez Happiness Brussels.

Qu’en est-il… des anciens lauréats du StuMPA ? – Maxime Siquet

Les nominés sont à présent connus (voir ici) et se préparent à la défense de leur dossier de participation. Le 5 avril, nous pourrons en voir le résultat et le jury désignera les lauréats.

Simon Pyson l’a aussi vécu. En 2017, il représentait la Luca School of Art Ghent en finale et il a décroché la timbale (avec une campagne pour Sensoa). Il s’en rappelle avec satisfaction : « Ma participation au StuMPA ne m’a pas immédiatement valu de trouver un boulot, mais ce fut bel et bien un beau tremplin. Quand on gagne, on a son nom qui apparaît dans la presse professionnelle, on rencontre des gens à Cannes et on a une idée reconnue pour dans son book. »

StuMPA d’Or

Ça, évidemment, c’est le retour direct et visible, mais un award comme le StuMPA, ça représente bien plus, explique Pyson. « Un enseignement majeur que j’en ai tiré, c’est qu’une idée est fluide », dit-il. « J’entends par là qu’on peut toujours continuer à la façonner et à chercher d’autres façons de la réaliser, à chercher une autre marque pour laquelle l’idée fonctionnera sans doute mieux. Tout ne doit pas s’arrêter à la participation. Si vous croyez vraiment en une idée, tournez-la dans tous les sens jusqu’à ce que vous parveniez à la vendre. Si vous ne le faites pas, vous rencontrerez une autre version de votre idée à Cannes, mais qui sera meilleure. Regardez donc ma participation au StuMPA et puis la pee ad d’Ikea et vous comprendrez de quoi je parle… »

Resté collé

Le StuMPA a aussi permis à Simon Pyson d’en apprendre beaucoup sur le print. « Ce n’est pas un exercice facile, mais c’est toujours notre pain quotidien », dit-il. « Même si je crois bien qu’il faut faire une distinction entre le print classique et le print ‘innovant’. Dans le cas du print innovant, qui fait aussi l’objet du briefing du StuMPA, on se sert d’une certaine technologie qui fait que le concept print peut toujours s’offrir de nouvelles strates, au fur et à mesure que la technologie évolue. Voilà pourquoi, chaque année, je suis curieux de découvrir quelle est la nouvelle couche créative que les candidatures au StuMPA ont donné au print. »

Quoi qu’il en soit, le print classique est aussi encore toujours pertinent, estime Pyson, même si parfois ça s’apparente à un métier oublié/perdu. « Le print vous force à ramener votre campagne ou votre message à l’essentiel. » Dixit l’homme qui depuis sa participation au StuMPA lit Humo. « J’ai acheté le magazine pour y coller mes annonces et les envoyer, mais je suis moi-même resté collé au magazine… »

The real world

Aujourd’hui, Simon Pyson travaille comme Concept Provider chez Happiness Brussels. Dans son escarcelle, il compte des campagnes mémorables, entre autres pour Carlsberg, DVV et sp.a. Pas étonnant donc qu’il se sente extrêmement heureux dans son job : « En tant que créatif, il n’y a pas un jour où on s’ennuie. On se réunit autour de la table avec des gens qui se battent tous pour la créativité et c’est beau à voir. Chaque jour est un défi visant à transmettre le message au consommateur de la façon la plus sympa ou intelligente qui soit. »

Nous lançons notre toute dernière question : le pas entre les études et le travail n’est-il pas énorme ? Pyson relève une différence majeure : « La plus grande différence entre le fait d’étudier la publicité et le fait de bosser dedans, c’est que tout ne s’arrête pas à la conception d’une idée. Avant de pouvoir être sortie, une idée doit franchir de nombreux obstacles et elle peut toujours être annulée au dernier moment. Il est essentiel que vous ayez chaque jour la motivation de produire de nouvelles idées toujours meilleures. » Un message qui, espérons-le, ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd chez la génération StuMPA actuelle…

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