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 » L’USP des magazines : des intérêts spécifiques captivant une communauté de lecteurs « 

Vous êtes curieux de découvrir les points de vue de François Chaudoir et Luc Gueury, respectivement CEO et Print & Cinema Director de Space ? Dans cette interview, ils abordent e.a. les forces de l’achat programmatique et l’avenir du média magazine.

Quelle est l’évolution du média magazine qui vous a agréablement surpris ?

Nous avons été agréablement surpris, voire rassurés par le fait que les régies les plus importantes se soient réunies autour d’une offre commune, comparable aux NP de la presse quotidienne. Il était temps que le média magazine soit considéré comme un média qui n’est pas uniquement ciblé de par son contenu, mais aussi de par le fait qu’il forme une unité couplant audience et affinité, et ce avec un seuil d’accès raisonnable et un mode d’achat moins  » chirurgical  » que par le passé. Les Big Wraps  offrent des couplages ciblés à des conditions concurrentielles : une initiative intéressante sur notre marché.

Nous déplorons toutefois un peu qu’il s’agit d’une offre limitée dans le temps et à certains secteurs. Ce n’est pas comme ça que ça deviendra une référence comme les NP. Face à un média qui subit une révolution, il faut aussi pouvoir proposer des réponses structurelles et simples.

La part de marché de la presse quotidienne est restée élevée grâce aux NP Deals. Quelle est pour une agence média la force d’une telle offre ?

Elle réunit les forces en présence, offre un mode d’achat simple ainsi que de belles performances, et cela – fort heureusement – pour un rapport qualité/prix compétitif. Un média puissant se mesure à une multitude de titres complémentaires… C’est alors la puissance du  » tous ensemble  » qui l’emporte, même si les titres séparés restent intéressants pour certains annonceurs confrontés à des problématiques moins  » mainstream « .

Que pensez-vous de l’achat programmatique pour les magazines ?

Le  » programmatique  » possède deux atouts. D’une part, il y a la simplification de l’achat, ce qui n’est pas sans importance en ces temps où les agences cherchent à gagner en productivité. D’autre part, il permet de segmenter l’achat, même si cela ne vaut pas pour les magazines papier.

Chez Space, nous sommes demandeurs de solutions qui nous aident à gagner du temps sans perdre de valeur ajoutée pendant le processus et à nous focaliser sur la création de valeur. Nous sommes donc adeptes d’initiatives comme celle de Sanoma en la matière et espérons que beaucoup d’autres régies suivront le mouvement.

Comment le média magazine peut-il rester pertinent pour les annonceurs à l’avenir ?

Nous distinguons trois éléments de réponse. Primo, il doit continuer à proposer un contenu de qualité, local et distinctif et à s’adresser à tous les publics et tous les intérêts. La fin de certains titres sera inévitable, mais nous croyons en l’avenir de titres ciblés de qualité comme, par exemple, des magazines de mode haut de gamme. Secundo, l’offre multi-régies doit être institutionnalisée pour les titres généralistes. Tertio, l’expansion numérique doit être étudiée. Même si le papier subsistera, ce ne sera qu’une fraction de ce qu’absorbera le lecteur. Les plates-formes numériques et mobiles permettent au lecteur de vivre une expérience dissociée du moment de parution connu, une expérience qui peut être plus fréquente et plus puissante aussi… Dans un environnement hautement concurrentiel (tous les médias s’engagent dans la voie digitale), les magazines sont certainement en mesure de se tailler une place en se focalisant sur leur USP : des intérêts spécifiques qui captivent une communauté de lecteurs.

François Chaudoir & Luc Gueury, Space