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The makers of magazines : Amélie Janssens (Visie)

La création d’un magazine a tout d’une machinerie impressionnante. Chaque collaborateur – qu’il s’agisse d’un journaliste, d’un designer ou d’un responsable commercial – joue un rôle irremplaçable. Qu’en est-il pour les magazines de membres ? Nous avons posé la question à Amélie Janssens, rédactrice en chef de Visie, avec ses 1,3 million d’exemplaires le magazine le plus diffusé en Belgique.

Découvrez ici la première partie du débat autour du rôle des médias locaux

Avant tout, il s’agit de noter que la structure derrière Visie est unique. Le titre est une collaboration entre les organisations de la société civile flamande que sont l’ACV, la CM et beweging.net. C’est dès lors un cas d’école en matière de collaboration, ce pourquoi les magazines de membres, plus encore que d’autres publications, sont réputés.

La concertation est donc la tâche primaire d’Amélie Janssens, rédactrice en chef. « D’une part, avec les rédacteurs et les organisations partenaires pour les numéros à venir ; d’autre part, aussi avec des fournisseurs comme bpost, des stylistes et des photographes », explique-t-elle. « À intervalles régulières, nous nous concertons aussi avec les partenaires sur la vision à long terme. »

Une mine d’informations et de points de vue

La rédaction de Visie compte quatre personnes, mais peut en outre s’appuyer sur l’aide non seulement du responsable de presse de l’ACV et des responsables en communication de la CM, mais aussi de bon nombre de gens de terrain de beweging.net, l’AVC et la CM. « C’est surtout lié au fait qu’outre le cahier communautaire, nous avons aussi des pages régionales dans chaque édition. Du coup, il nous faut évidemment beaucoup de collaborateurs. »

Vous aurez compris que Visie n’est pas uniquement le plus grand magazine du pays ; étant donné son mode d’élaboration, c’est aussi un cas d’école en matière de collaboration entre différents profils, ce pourquoi les magazines sont tellement connus.

Le fait de faire partie d’une telle structure faîtière a-t-il dès lors aussi des inconvénients, demandons-nous à Amélie Janssens. « Il va de soi qu’il n’est pas toujours évident de maintenir les équilibres et d’opérer des choix », répond-elle. « Tous les quinze jours, nous ne disposons que de 16 pages. Je préfère toutefois voir ça sous un autre angle : nous disposons d’une mine d’informations et de points de vue. Nous ne sommes jamais en manque de contenu. »

Pas un magazine de membres, mais de mouvement

Pour les magazines de membres, il s’agit évidemment de revendiquer sa place dans le paysage média et magazine plus large. Un lecteur ne compare pas uniquement avec d’autres magazines de membres, mais avec tous les médias qu’il a à sa disposition.

« Nous cherchons à faire la différence avec notre approche », dit Amélie Janssens à ce propos. « Ainsi, nous-mêmes nous ne parlons pas d’un magazine de membres, mais bien d’un magazine de mouvement. En proposant des articles de fond et des récits humains, nous tentons de mettre en avant des facettes supplémentaires. Nous donnons la parole à des gens qui, ailleurs, n’ont pas voix au chapitre. Nous nous axons à chaque fois sur les solutions et le courage, et partons de valeurs. Cette approche est unique et va à l’encontre de la façon dont les médias traditionnels s’y prennent souvent, à savoir en se focalisant sur les chiffres purs et durs, sur l’information rapide. »

Janssens est dès lors persuadée qu’à l’avenir aussi il y aura toujours de la place pour des titres comme Visie. Comme l’an prochain le magazine continuera à développer son pilier numérique, sa rédactrice en chef entrevoit même encore des possibilités de croissance. « Aujourd’hui, nous ne nous adressons qu’à nos seuls membres », conclut-elle. « En digital, nous pourrions aussi nous focaliser sur les non-membres et sur une cible plus large, afin de convaincre encore plus de lecteurs. »

Amélie Janssens Amélie Janssens, Visie

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