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Xavier Bouckaert : plus que jamais déterminé pour 2020

[via WE MEDIA] Nous sommes confrontés à une nouvelle tournure des évènements, année après année. Dans notre business, ce tournant est déjà en cours depuis un moment, et les conséquences se font ressentir comme un tsunami sur tous les secteurs d’activité. Désormais aussi sur les politiques. En tant qu’éditeurs et sociétés de médias, nous attendons beaucoup de nos dirigeants. Donnez-nous la possibilité de continuer à innover, de rendre les GAFA conformes à notre écosystème, de donner aux radiodiffuseurs publics le rôle qui leur revient par rapport au marché privé et dans la société.   

Les évolutions et les changements se poursuivront également en 2020 dans tous les secteurs, et certainement dans les médias. La production, la distribution et la consommation numériques mènent la danse. L’approfondissement, la spécialisation, le renforcement de la marque, en corrélation avec une meilleure connaissance du client et un service toujours plus qualitatif mais aussi la coopération au sein de l’écosystème des médias vont et doivent continuer à évoluer.

Sur le marché des lecteurs, les abonnements sont attirants, même numériques, même si ceux-ci ne sont pas encore rentables. Les consommateurs se tournent de plus en plus vers nos produits de haute qualité, ou mieux encore, nous savons de mieux en mieux comment attirer l’attention des utilisateurs de médias avec un contenu de qualité et un bon marketing. L’édition est notre métier et nous l’exerçons comme les meilleurs.

Les annonceurs commencent également à s’en rendre compte. Néanmoins, les revenus publicitaires restent sous forte pression au détriment des géants de la technologie, notamment Facebook et Google. De plus, ces acteurs ne s’intègrent toujours pas dans notre écosystème. En tant qu’éditeurs, nous avons besoin d’un gouvernement dynamique qui fasse en sorte que les GAFA contribuent à l’écosystème dans lequel ils vivent. Cela signifie en premier lieu qu’ils paient pour le contenu qu’ils utilisent auprès de nos éditeurs et qu’ils contribuent également à la société dont ils tirent profit.

Nous attendons également que nos gouvernements prennent des mesures à tous les niveaux, du régional au fédéral, en passant par l’européen, et ce, afin que les acteurs dominants du numérique ne puissent plus abuser de leur position dominante.

Enfin, nous suivons attentivement le rôle que les radiodiffuseurs publics continueront à jouer. Ils ont eux aussi un rôle dominant dans le secteur des médias. Il est important que, dans ce marché publicitaire en déclin, ils ne puissent engendrer que des ressources commerciales limitées, voire aucune, en fonction des plateformes.

En outre, il est évident qu’ils sont également présents dans le domaine numérique, mais pas en tant que concurrents des acteurs privés. La radiotélévision de service public est apparue comme un média audiovisuel en raison de la rareté de la distribution et il ne peut être envisagé qu’elle rende désormais impossible toute initiative privée. Que les radiodiffuseurs publics soient les promoteurs des médias privés au lieu de concurrencer nos médias de haute qualité. La vraie bataille ne se situe pas entre nos médias européens. Si nous voulons survivre, nous devrons tous nous battre ensemble contre les acteurs mondiaux non-européens.

Magnify 4-10-18  51 Xavier Bouckaert, Roularta Media Group

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